PRINCIPAUX PERSONNAGESMax. C’est le héros du livre, et le principal narrateur. La trentaine au début de l’action. Spécialiste du sperme, intelligence supérieure, mais inadapté aux contraintes et aux codes de la vie hospitalière : déférence et soumission envers son patron, carriérisme, duplicité etc. Max ne manque toutefois pas d’ambition, mais souffre en permanence d’un conflit entre son ego surdimensionné, et ses possibilités réelles de faire bouger les choses, minimes. Le sens de sa propre vie lui échappe, et sa compagne Julia, avec laquelle il passe pourtant près de cinquante ans de sa vie, restera jusqu’à la fin une énigme pour lui. Julia. Héroïne féminine, symétrique de Max. Virologue. Passé familial lourd, affectivement encombrant. Energique, enthousiaste, alors que Max est dans le fond plutôt dépressif. Si Aragon a dit que la femme est l’avenir de l’homme, alors sans nul doute, Julia est l’avenir de Max… Et son passé sans doute. Malgré ses caractéristiques psychologiques positives, Julia n’en demeure pas moins une personnalité complexe, capable de double jeu, calculatrice, et presque arriviste. Non pas qu’elle se force à tomber amoureuse de Max, mais elle l’utilise au départ comme un moyen d’arriver à ses fins. Harold. Personnage ambigu, génial et torturé, il a pris fait et cause pour le monde des virus, suite à des événements dramatiques survenus dans son enfance. Insensible à l’amour, il séduit Julia, son élève, pour mieux l’assujettir. Virologue hors pair, il a ourdi un complot contre l’humanité qu’il rêve de détruire, et choisit ses « amis » les virus pour l’aider à accomplir ses basses œuvres. Mais il se trompe. Tel Frankenstein, il est finalement dépassé par ses Créatures. Car qui d’Harold ou des virus instrumentalise-t’il l’autre ? Esprit. Personnage anthropoïde, mi-virus mi-homme, Esprit est censé représenter dans le cours du roman le point de vue des virus sur l’humanité, et les mobiles de la vengeance. Vaccin, manipulations génétiques en tous genres, modification rapide des paramètres écologiques de la planètre, les virus en ont assez de l’humanité, et Esprit est leur voix. On apprend comment et pourquoi les virus mutent. Progressivement, à mesure des pages, une intelligence de l’infiniment petit apparaît. Ces microbes, qui sont présentés comme de véritables intra-terrestres prédateurs sont prêts à en découdre. A en finir. On apprend à la fin du roman qui est réellement cet Esprit, et en qui il a choisi de s’incarner. Fron. Le patron de Max. Manipulateur, paranoïaque, cynique. Il se sert de Max pour bâtir et renforcer la réputation de son service, faisant de ses adjoints de la « chair à penser ». Sphérique comme un rhinocéros vue de face, Fron est aussi un tueur, et n’hésite pas à sacrifier Max sur l’autel de la raison d’Etat. Natacha. La bimbo du service. Allume Max en permanence qui entretient pour son plus grand plaisir des rapports d’amitié sexuelle avec elle. Elle aussi spécialiste du sperme, intervenant dans la plupart des découvertes de Max, son caractère très respectueux de l’ordre établi l’empêche toutefois de prendre une part très active à l’aventure. Benjamin. Ami intime de Max, entre curieusement en résonnance avec le personnage d’Harold, dont il constitue une sorte de brouillon. Lui aussi dérange en même temps qu’il fascine. Sa fin tragique le lie lui aussi à l’infernal « pacte viral ». Les personnages « pré-œdipiens ». De nombreux personnages secondaires interviennent au cours de cette histoire. Ils sont le plus souvent choisis pour faire avancer l’action, pour apprendre quelque chose au lecteur ou aux héros. Appelons-les pré-œdipiens, car ils ne sont pas symboliquement lourds… De conséquences. Il y a par exemple Pickwick, curieux bonhomme spécialiste en mathématiques sumériennes, qui aborde Max dans l’Euro-star alors qu’il se rend à Londres pour un congrès secret, ou Le Floch, marin breton perdu dans les glaces de la Volga, à la fois crucial et folklorique. Citons également Aviloine, le praticien hospitalier dont les dents « rayent le parquet », avec lequel Max entre en conflit ouvert, le miteux Zeek, russe emblématique aux relents de stalinisme antisémite, ou encore Joe Aladef, un proche ami de Max atteint par la maladie du sperme raide. Et puis comment ne pas évoquer la galerie de portraits des différents chercheurs qui à chaque page font avancer l’intrigue. Après tout, ce sont peut-être eux les vrais héros du livre. |